Politique
Viola Amherd : les moments clés d’un parcours au Conseil fédéral
Retour documenté sur les responsabilités et les dossiers qui ont marqué une trajectoire politique suisse.
Publié le 17 July 2026 · 5 min de lecture

Viola Amherd a occupé une place importante dans la politique suisse entre son élection au Conseil fédéral, le 5 décembre 2018, et son départ, le 31 mars 2025. Originaire du canton du Valais, elle a notamment été la première femme valaisanne élue au gouvernement national. Son parcours illustre le passage d’un engagement communal et parlementaire à la conduite d’un département fédéral, puis à la présidence de la Confédération.
Des débuts dans la politique valaisanne
Née le 7 juin 1962 à Brigue-Glis, Viola Amherd a étudié le droit à l’Université de Fribourg. Elle a ensuite exercé comme avocate et notaire. Son engagement politique s’est d’abord développé au niveau local, dans sa commune de Brigue-Glis, où elle a siégé au conseil communal avant d’en devenir présidente.
Cette expérience communale a précédé son entrée sur la scène fédérale. Membre du Parti démocrate-chrétien, devenu depuis Le Centre, elle a été élue au Conseil national en 2005. Elle y a représenté le Valais pendant plusieurs législatures et a participé aux travaux parlementaires dans des domaines liés notamment à la politique sociale, aux infrastructures, à la sécurité et aux institutions.
L’élection au Conseil fédéral
Le 5 décembre 2018, l’Assemblée fédérale a élu Viola Amherd au Conseil fédéral. Elle a succédé à Doris Leuthard et a pris ses fonctions le 1er janvier 2019. Le Conseil fédéral est composé de sept membres élus par l’Assemblée fédérale. Chaque membre dirige un département de l’administration fédérale, tandis que les décisions sont prises selon le principe de la collégialité.
L’élection d’un conseiller ou d’une conseillère fédérale ne signifie pas qu’une personne gouverne seule dans son domaine. Les projets importants sont discutés au sein du collège gouvernemental, puis présentés au Parlement ou soumis au vote populaire lorsque les règles constitutionnelles le prévoient. Le fonctionnement suisse repose ainsi sur un équilibre entre le gouvernement, le Parlement, les cantons et les droits politiques de la population.
À la tête du Département fédéral de la défense
Après son entrée au gouvernement, Viola Amherd a dirigé le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, généralement désigné par le sigle DDPS. Ce département comprend notamment les domaines de la défense nationale, de la protection de la population, des activités sportives et de certaines questions liées à la sécurité.
Son mandat a été marqué par des débats sur l’évolution des menaces, la capacité de défense de la Suisse, la coopération internationale et la modernisation des moyens militaires. Comme pour les autres membres du Conseil fédéral, les décisions prises dans ce cadre s’inscrivaient dans les procédures ordinaires de la Confédération, avec l’intervention du Parlement et, selon les cas, des cantons ou du peuple.
Le DDPS a également été concerné par des enjeux transversaux tels que la cybersécurité, la protection des infrastructures et la préparation aux situations d’urgence. Ces sujets relèvent de plusieurs autorités et ne dépendent pas d’un seul département. Leur traitement implique donc une coordination entre les services fédéraux, les cantons et d’autres partenaires institutionnels.
Présidente de la Confédération en 2024
L’Assemblée fédérale a élu Viola Amherd à la présidence de la Confédération pour l’année 2024. Elle a pris cette fonction le 1er janvier 2024. La présidence est attribuée pour une année à l’un des sept membres du Conseil fédéral, selon un système de rotation qui tient compte de l’ancienneté au gouvernement.
La présidence ne confère pas de pouvoir supérieur à celui des autres conseillers fédéraux. La personne qui l’exerce dirige les séances du Conseil fédéral, assume certaines tâches de représentation et peut intervenir au nom de la Confédération dans le cadre prévu par les institutions. Les décisions restent celles du collège gouvernemental.
Les dernières étapes de son mandat
Le 15 janvier 2025, Viola Amherd a annoncé sa décision de quitter le Conseil fédéral. Son départ est devenu effectif le 31 mars 2025. L’Assemblée fédérale a élu Martin Pfister le 12 mars 2025 pour lui succéder, et celui-ci a pris ses fonctions le 1er avril 2025.
Avec cette démission, s’est achevée une période de plus de six ans au gouvernement national. Son parcours fédéral comprend une responsabilité départementale dans un secteur régalien, la présidence de la Confédération et la participation aux décisions collectives du Conseil fédéral. Il s’inscrit aussi dans une trajectoire politique plus longue, commencée dans les institutions communales et poursuivie au Conseil national.
Repères chronologiques
- 7 juin 1962 : naissance à Brigue-Glis, dans le canton du Valais.
- 2005 : élection au Conseil national.
- 5 décembre 2018 : élection au Conseil fédéral par l’Assemblée fédérale.
- 1er janvier 2019 : entrée en fonction et prise en charge du DDPS.
- 1er janvier 2024 : début de son année à la présidence de la Confédération.
- 15 janvier 2025 : annonce de sa démission du Conseil fédéral.
- 31 mars 2025 : fin de son mandat gouvernemental.
- 1er avril 2025 : entrée en fonction de son successeur, Martin Pfister.
Le parcours de Viola Amherd permet de comprendre plusieurs mécanismes de la politique suisse : l’importance des cantons et des communes dans la formation des carrières politiques, l’élection du gouvernement par l’Assemblée fédérale, la rotation annuelle de la présidence et le principe de décision collégiale. Ces éléments sont essentiels pour replacer son action dans le cadre institutionnel suisse, sans réduire le fonctionnement de la Confédération à la personnalité d’un seul membre du gouvernement.